En français de BelgiqueEn français de France

Tiens bon et laisse percoler. C’est comme ça qu’on fait un bon café

« Tiens bon et laisse percoler, c’est comme ça qu’on fait un bon café. »

Du cinéma en plein air.

Texte : Benj et Rita

 Monologue avec Rita. On est tout seul, on est belge, mais on kiosque quand même.

– c’est marrant, « kiosque », c’est un peu comme « schtroumpf ».

– ah… tu dis ça parce que c’est bleu?

– Parce que c’est bleu, le kiosque? Non, je ne dis pas ça parce que c’est bleu. 

– ah…  …Tu dis ça parce que c’est belge?

– quoi? Le kiosque??

– non, les schtroumpfs.

– non, je ne dis pas ça parce que c’est belge. Je dis ça parce que c’est schtroumpf. Le kiosque je veux dire… C’est schtroumpf ! C’est un mot agréable, on a envie de le dire, on a envie de l’entendre claquer doucement dans sa bouche ou dans celle du voisin, un peu comme « Irkoutsk ».

– ah… tu trouves ?

– Oui ! Kiosque, ça donne envie de le kiosquer à tout bout de kiosque ! C’est le charme désuet, un kiosque, c’est un peu « Belle Époque » comme concept pictural, et ça fait du bien du coup, un kiosque,dans notre époque de merde.

– … hmm …

Par exemple, on peut dire : « tu viens dimanche à la marche pour le climat? A ben non, désolé, j’peux pas. Dimanche, j’ai kiosque. » Ou encore mieux : »Tu viens kiosquer dimanche à la marche pour le kiosque ? » ou »s’il vous plaît, kiosque-moi un kiosque ». Des trucs comme ça quoi… vraiment schtroumpf, le kiosque !

– …

– … Bon, mais tu ne m’appelles pas pour m’entendre kiosquer que le kiosque, c’est fin kiosque… Alors raconte, c’est quoi le problème là, avec cette histoire de trêve hivernale?

– Ben… suis un peu embêtée parce que tu vois  c’est compliqué d’expliquer aux gens qu’il va fermer pour un temps…

– Parce que t’avais prévu toi, que le kiosque allait devenir trop petit et trop ventilé pour mettre tout le monde au chaud pendant l’hiver? Non, franchement, faut fermer… Et avec la voix de Denis Péan, je te jure qu’on a de quoi regarder tomber la neige pendant un moment. Et puis annoncer, ça n’est jamais que dire une chose un jour. On peut annoncer ou « désannoncer » ce qu’on veut quand on veut, quand ça veut, quand c’est le temps.  Tiens bon et laisse percoler. C’est comme ça qu’on fait du bon café.

-hmm…

– Tout le monde sait bien que tu ne laisseras pas le café refroidir, va.

– hmm… t’as peut-être raison…

– Bien sûr que j’ai raison! Et si tu veux je peux même faire l’annonce pour toi. De toute façon je sais bien que si tu m’as appelé, c’était pas vraiment pour me demander mon avis, c’était surtout pour que je t’aide à accrocher. Le panneau.

« Chers kiosqueurs, nous hivernons le kiosque pour cause de trêve d’hiver hivernale »

Merci pour votre compréhension,

L’équipe de redirection (Rita et les pluribingues